Au son du glas

Sous le Régime français, les heures sont encore sonnées. À cette époque, le temps s?entend donc plus qu?il ne se voit, puisque les horloges, peu nombreuses dans la colonie, demeuraient un objet de luxe. La cloche de l?église scande ainsi le quotidien des habitants et est le symbole visible et sonore de la communauté. Elle prévient des réunions de l?assemblée, appelle les habitants à combattre divers dangers et annonce les cérémonies. En sonnant l?angélus du matin, du midi et du soir, la cloche de l?église imprime un rythme à la communauté.


Tenant une custode, un vieux prêtre traverse un champ rocailleux pour aller offrir la communion à un mourant. En sa compagnie, un jeune servant de messe tient une lanterne et annonce leur arrivée à l'aide d'une clochette. / Holding a pyx, an old priest crosses a rocky field to give Communion to a dying man. Accompanying him, a young server holds a lantern and announces their arrival with a small bell.

Eucharistie, Viatique à la campagne, non daté

Musée de la civilisation, 90-672-328




Par un temps froid et venteux, un prêtre, deux servants de messe et cinq accompagnateurs marchent sur la neige afin d'apporter la dernière communion à un mourant. / On a cold windy day, a priest, two servers and five escorts make their way across the snow to bring the last Communion to a dying man.

Eucharistie, Viatique en Bourgogne, non daté

Musée de la civilisation, 90-672-329




Vêtues de blanc et agenouillées devant le prêtre, de jeunes filles reçoivent la première communion. / Dressed in white and kneeling in front of the priest, young girls are receiving their first communion.

Eucharistie, premières communiantes, non daté

Blanchard
Musée de la civilisation, 90-672-330

La première communion

L'apprentissage des valeurs fondamentales en Nouvelle-France se fait en milieu familial et à l'école, tandis que l'apprentissage du catéchisme et des prières se réalise sous l'égide des curés des paroisses. Dès l'âge de dix ans, les enfants sont admis aux enseignements religieux dont la durée de formation varie entre une semaine et deux mois. La première communion clôture cette instruction dont la symbolique est importante non seulement du point de vue spirituel mais social. Outre le fait de permettre aux jeunes de recevoir le corps du Christ, la première communion est leur passage de l'enfance à l'adolescence, leur donnant ainsi l'opportunité de s'impliquer dans les décisions familiales et l'éducation de leurs jeunes frères et soeurs.

Source : Francine Leboeuf, Échos d'antan. Montréal, Éditons Paulines, 1991




Célébration eucharistique dans une église paroissiale richement décorée. Le prêtre et ses servants de messe sont à l'autel, dos au public. / Celebrating the Eucharistic in a richly decorated parish church, a priest and his servers stand at the altar, with their backs to the congregation.

Interior of Parish Church, non daté

dans H. A. Ogden, Picturesque Canada, v.1, 1882
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 291.7.22




Autour d'une table bien garnie de victuailles, un groupe de bourgeois lèvent leur verre après qu'un des leurs ait porté un toast. / Sitting at a table laden with victuals, a group of gentlemen raise their glasses to a toast proposed by one of them.

Le repas festif, non daté

dans Henri-Raymond Casgrain, Guerre du Canada, 1756-1760. Montcalm et Lévis, 1899
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 297.7.21




Un prêtre baptise un enfant pendant que le parrain et la marraine lui imposent leurs mains. / A priest baptizes an infant while the godfather and godmother lay their hands on their godchild.

Sources de vie, 1944

Rolland Boulanger
dans Albert Tessier, La Femme dans l'histoire du Canada, 1944
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 365.7




Un curé célèbre le mariage de deux époux à l'intérieur d'une église. Quelques invités assistent à la cérémonie. / A parish priest celebrates the wedding of a couple inside a church. A few guests are in attendance.

Le mariage de Lucien, non daté

dans Paul Saunière, Monseigneur, non daté
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 429.6

Le mariage

On accorde beaucoup d'importance au mariage et aux naissances en Nouvelle-France, et la loi tend à les favoriser par des privilèges. La législation coloniale accepte d'emblée d'ailleurs qu'une jeune fille de quatorze ans épouse un jeune homme de seize ans. Et pour cause, jeunes et en santé, ces derniers ont la possibilité d'être fertile plus longtemps et d'accroître la population territoriale. Des faveurs sont donc données aux pères qui acceptent de marier leurs enfants en bas âge, et des présents de la part du roi sont offerts aux familles de dix enfants et plus. En revanche, des pénalités sont données aux hommes qui refusent de se marier, telle que l'interdiction d'aller à la chasse et de faire la traite des fourrures.




Dans la chambre à coucher, une mère de famille souriante endort son nouveau-né au berceau pendant que ses deux autres enfants caressent un chien. / In the bedroom, a smiling mother rocks her newborn to sleep while her two other children pet a dog.

Famille heureuse, non daté

Léo Caillé
dans Le Monde illustré, 1903
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 537.6




Sous la direction d'un maître d'oeuvre, un groupe d'hommes s'affèrent à hisser une cloche à l'aide de câbles. / Following a foreman's directions, a group of men are busy hoisting up a bell with cables.

The Toning of the Bell, non daté

dans Canadian llustrated News, 1882.
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 544.4

Les cloches

Qu'elles carillonnent la tristesse, l'espérance ou la gaieté, les cloches appellent les fidèles à prier et à vivre les événements du moment. Jamais muette, elles remplissent leurs missions religieuse et sociale et apportent la nouvelle à celui qui les entend. Voix de l'Église, elles signalent le commencement de la journée, sonnent l'Angelus du midi, appellent à la prière et dictent le temps de remercier le créateur des bienfaits de la journée. Voix de la communauté, elles avertissent du danger, amènent le souvenir, invitent à célébrer et consolent tous et chacun que le salut du chrétien n'est pas ici-bas mais au ciel.




Pendant qu'un curé et ses servants de messe allument un feu de joie, les paroissiens assistent avec intérêt à l'événement. / Parishioners look on with interest as a parish priest and his servers light a bonfire.

Les Feux de la Saint-Jean, non daté

dans Le Monde illustré, 1900
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 555.5




Sur une route de campagne, deux hommes veillent au transport de deux cercueils placés dans une charrette tirée par deux boeufs. Un cueilleur s'informe auprès d'eux. / On a country road, two men supervise the transportation of two coffins in a cart pulled by two oxen. A fruit-picker asks them questions.

Le transport des corps de MM. Sivel et Crocé-Spinelli à la station de Chabenet,

non daté
C. Mayrand
dans L'Opinion publique, 1875
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.7




Assise sur une chaise de bois, devant un autel improvisé, une femme prie au côté d'un cercueil. / Sitting on a wooden chair in front of an improvised altar, a woman prays beside a coffin.

Une mère désolée, non daté

dans L'Opinion publique, 1975
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.7




Attablés, une grand-mère, sa fille et son petit-fils prient avant d'entamer le repas. / Sitting at a table, a grandmother, her daughter and a grandson say grace before a meal.

Le Bénédicité, non daté

dans L'Opinion publique, 1876
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.8




Vêtues de leur habit de première communiante, un groupe de jeunes filles déambulent près d'un port en récitant des prières. Le vent marin anime leur voile... / In their First Communion dresses, a group of young girls stroll near a port while reciting prayers. Their veils float in the sea breeze...

Une première communion à Dieppe, non daté

Roberts
dans L'Opinion publique, 1879
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.11




Agrippés à des cordes, deux hommes sonnent les cloches d'une église. / Gripping sturdy ropes, two men ring the church bells.

Les sonneurs de cloches à la Giralda, non daté

dans L'Illustration, 1899
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 692.1.3




Au pied d'un berceau en bois où dort un jeune enfant, un chat fait le guet. / A cat sits watchfully by a young child sleeping in a wooden cradle.

Le Ber, non daté

Horatio Walker
dans Pierre-Georges Roy, L'Île d'Orléans, 1928
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 708.3




Vue panoramique du quartier Saint-Roch, à Québec. Des ruines en flamme illuminent la nuit. / Panoramic view of the Saint-Roch neighbourhood, in Quebec City, with blazing ruins lighting up the night.

Incendie du quartier Saint-Roch vu de la Côte-à-Coton vers l'Ouest, 1845

Joseph Légaré
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1991.168




De forme rectangulaire et surmontée d'une croix, la boîte aux saintes huiles est barrée par un loquet retenu par une chaîne. / A rectangular box for Holy Oils is topped by a cross and locked with a latch held by a chain.

Boîte aux saintes huiles, 1716

Guillaume Loir
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1991.1001.1




Au travers des herbes sauvages, un petit cimetière paroissial se dresse à l'arrière d'une chapelle. / Seen through wild grass, a small parish cemetery lies behind a chapel.

Petit cimetière à Sillery, 1920

Simone Hudon
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1993.24486




Devant l'antre d'un foyer, un conteur raconte une histoire aux membres de sa famille qui l'écoutent avec intérêt et étonnement. / In front of a fireplace, a storyteller spins a tale to members of his family, who hang on his every word.

Le conteur de contes non daté

dans L'Opinion publique, 1871
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1993.25327.1




Un curé surprend une famille attablée devant un repas de viande lors du carême. Le chef de famille ne semble pas s'en faire outre mesure. / During Lent, a parish priest surprises a family about to eat meat. The head of the family does not seem to be much bothered by it.

Le Carême brisé, 1848

Cornélius Krieghoff
Collection privée

Le carême autrefois à l'Île d'Orléans

« On ne badinait pas sur l'observance du carême dans les premiers temps de la colonie française au Canada.

Pendant le carême de 1670, Louis Gaboury, habitant du fief de Lirec, en l'île d'Orléans, ayant mangé de la viande sans en demander permission à l'église, fut dénoncé au juge prévôt de Lirec par Etienne Beaufils, un de ses voisins.

Gaboury subit son procès et fut trouvé coupable. Le 26 octobre 1670, le juge prévôt le condamnait à être attaché au poteau public pendant trois heures, puis à être conduit à la porte de la chapelle de l'île d'Orléans, et là, à genoux, mains jointes et tête nue, demander pardon à Dieu, au Roi et à la justice. Il devait en outre payer une amende de vingt livres applicable aux oeuvres pies de sa paroisse et donner à son dénonciateur une vache et une somme équivalente à son profit pendant un an. »

Pierre-Georges Roy, L'Île d'Orléans. Québec, Historic Monuments Commission of the Province of Quebec, 1928.




Assis à sa table, le seigneur reçoit les redevances de ses censitaires pendant qu'un secrétaire tient à jour le registre. / Sitting at a table, a seigneur receives dues from his censitaires, while a secretary keeps records of these transactions.

Seigneurial Dues, non daté

C.W. Jefferys
dans Morden H. Long, A History of the Canadian People, 1942
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, M-142

La fête de la Saint-Michel

« Une vieille coutume française voulait que la Saint-Michel fût consacrée aux affaires. Nos ancêtres de la vallée du Saint-Laurent, lors de la signature de contrats ou d'actes notariés, ont conservé cette date du 29 septembre comme échéance pour le remboursement des dettes ou le paiement des intérêts. Tout autre compte rendu se faisait traditionnellement à la Saint-Michel.

Ainsi, le seigneur attendait ce jour pour prendre connaissance de la rentabilité du moulin à farine. Le meunier se rendait au manoir pour remettre le bilan de l'entreprise et le relevé complet des moutures. Les administrateurs des grandes seigneuries, souvent gérées par les communautés religieuses, accordaient à cette journée une très grande importance. On analysait alors les performances de chacune et on n'hésitait pas à en informer le meunier, car la comparaison, croyait-on, génère l'émulation. »

Francine Leboeuf, Echos d'antan, Editions Paulines, 1991.