Ritualité individuelle

En marge des rituels religieux auxquels le fidèle est tenu de participer, il existe en Nouvelle-France une « micro-ritualité » constituée d'une infinité de petits gestes privés, inlassablement répétés. Les prières du soir et du matin, les chapelets récités devant une image pieuse, le port du scapulaire, la prière sur la route ou au pied d'une croix de chemin, la station à l'église paroissiale surtout pour adorer le Saint-Sacrement, les signes de croix à toutes les étapes du jour, l'angélus trois fois par jour constituent autant de gestes s'inscrivant dans la ritualité quotidienne.

Ritualité collective

Sur le plan collectif, la religion exerce également un rôle structurant les gestes quotidiens et la sociabilité des fidèles. Les confréries de dévotion constituent des regroupements spécialisés de fidèles qui s'effectuent sur une base volontaire et rassemblent essentiellement des laïcs. En plus d'y trouver un passeport pour l'au-delà, les confréries permettent aux fidèles de tisser des liens de solidarité qui pallient parfois à l'absence d'un passé communautaire ancien.


La sainte famille avec l'enfant Jean Baptiste / The Holy Family with the Child John the Baptist

La sainte famille avec l'enfant Jean Baptiste

Cornelis Bloemaert d'après Annibal Carrache, après 1630
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1993.29791

La confrérie Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

En 1664, Monseigneur de Laval s'occupe activement à l'établissement de la confrérie de la Sainte Famille à Québec. Dès 1665, le pape Alexandre VII lui accorde d'ailleurs des indulgences à cette fin. Ouvert aux hommes et aux femmes de la Nouvelle-France, ce culte se voue à la glorification de Dieu, à la vertu des âmes ainsi qu'à l'accroissement de l'amour et de la dévotion envers Jésus, Marie et Joseph. Bien qu'étonnant, le rôle de la femme est prépondérant au sein de cette association. Non seulement vaque-t-elle aux activités pieuses de l'association telle que la prière, la réflexion spirituelle et à l'adoration du Christ, mais elle veille aux activités charitables en accompagnant les pauvres, les malades et les femmes en couche. Modèle de vertu, la femme de la confrérie s'éloigne de la vie mondaine, évitant ainsi les vices des réceptions de toutes sortes, et observe la modestie chrétienne tant dans sa conduite que dans sa tenue vestimentaire. Également, elle est attachée aux états financiers de l'association en contribuant aux charges financières de celle-ci, en s'occupant du financement de l'entretien des lieux de cultes et en sauvegardant la bonne réputation de la confrérie.

Marie-Aimée Cliche, Les pratiques de dévotion en Nouvelle-France : comportements populaires et encadrement ecclésial dans le gouvernement de Québec. Québec, PUL, 1988

Denis Martin, Les collections de gravures du Séminaire de Québec (histoire et destins culturels). Québec, Univesité Laval (mémoire de maîtrise), 1980




Une fillette apprend le rite du chapelet avec sa grand-mère. / A little girl learns the ritual of saying her beads with her grandmother.

Le chapelet, non daté

Louis Deschamps[br]dans Almanach de l'Action sociale catholique, 1922
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 603.2




Parée de ses plus beaux habits, une jeune fille, agenouillée et missel aux genoux, attend d'un air interrogateur le début de la prière. / In her Sunday dress, a young girl kneels with a missal on her lap, waiting for the beginning of a prayer, with an inquiring look on her face.

Notre Père, qui êtes aux cieux, non daté

W. B. Gardner
dans L'Opinion publique, 1873
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.4