Tenue vestimentaire

En tant qu'abri temporaire de l'âme, le corps est sacralisé dans la religion catholique. Le clergé s'indigne de l'immodestie scandaleuse, de la nudité des épaules et des bras, des cheveux frisés, des tissus trop transparents et des ornements superflus que portent les femmes. Dans l'esprit du temps, le corps de la femme est considéré comme un objet de tentation. On utilise d'ailleurs l'expression « personnes du sexe » pour désigner les femmes. Enfin, les prescriptions de la religion exigent pudeur, modestie et une attitude corporelle conforme au respect dû au sacré pendant les offices religieux.


Portrait en buste de la Marquise de Pompadour et Madame de Maintenon dont les plongeants décolletés fûrent cachés ultérieurement au crayon. / Head and shoulders portraits of Marquise de Pompadour and Madame de Maintenon; their plunging necklines was later hidden with pencilling.

Jeanne-Antoinette Poisson, Marquise de Pompadour et Françoise D'Aubigné, Marquise de Maintenon, 1871 et 1870

Livernois et Bienvenu, photographe
Musée de la civilisation, fonds d'archives du Séminaire de Québec, PH1988-1835 et PH1988-1580

Le luxe et la nudité

« La circonstance qui rend le luxe des habits des filles et femmes infiniment pernicieux est l'indécence et l'immodestie scandaleuse des habits mêmes, qui paraît dans les nudités d'épaules et de gorges qu'elles font voir à découvert, ou qu'elles se contentent de couvrir de toiles transparentes, ce qui est absolument défendu, et ne doit jamais être toléré, comme étant la cause de la perte d'une infinité d'âmes, suivant cette parole du Saint-Esprit en l'Écriture Sainte, qui nous avertit de détourner nos yeux d'une femme indécemment parée, parce que plusieurs ont péri charmés par son extérieur vain et pompeux.

Tous ces dérèglements prennent leur naissance dès le bas âge où l'on voit des petites filles, même celles qui sont de basse extraction, parées et ajustées comme des poupées et que l'on fait paraître avec les épaules et la gorge nues, ce qu'elles continuent quand elles sont plus grandes et même mariées. Et voilà ce qui perpétue dans le pays, au grand scandale de ce nouveau christianisme, le luxe et un grand nombre de péchés qui en sont les suites comme inséparables. »

Têtu, H. et C.O. Gagnon, éd. Mandements, lettres pastorales et circulaires des Évêques de Québec, Québec, Imprimerie Générale A. Côté, 1887.




Debout au centre d'une place publique à peine esquissée, une jeune fille acadienne catholique est vêtue d'une lourde robe noire et d'un châle blanc. Au cou, elle porte une croix. / Standing in the middle of a half-sketched square, a young Catholic Acadian girl wears a heavy black dress and a white shawl. A cross hangs around her neck.

Acadian Girl, non daté

dans H.A Ogden, Picturesque Canada, 1882-1885
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec,
291.7.22




Derrière des ballots de foin, un homme courtise une jeune fermière. / Behind bales of hay, a man woos a farmer girl.

Courtoisie à la campagne, non daté

G. J. Pinwell
dans H. W. Dulcken, Dalziel's Illustrated Goldsmith, 1865
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 436.3




Une bourgeoise richement vêtue salue, tête baissée, un gentilhomme au visage hautain. / A richly dressed bourgeois woman nods her head in greeting to a gentleman with a haughty air.

La révérence, non daté

G. J. Pinwell
dans H. W. Dulcken, Dalziel's Illustrated Goldsmith, 1865
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 436.3

Le bal et la danse

« Cependant comme l'âge et la vivacité de mademoiselle leur fille a besoin de quelque divertissement et récréation, l'on peut user de condescendance en lui permettant quelques danses honnêtes et modérées, mais avec les personnes de son sexe seulement, et en la présence de madame sa mère, mais non en la présence des hommes et des garçons, ce mélange de sexe étant à proprement parler ce qui cause les inconvénients et les désordres du bal et de la danse. »




Dans un sentier sauvage, un jeune homme à la faux et une jeune femme au sceau, retournent au bercail bras dessus bras dessous, amoureux. / A young man holding a scythe and a young woman with a pail return home arm in arm, strolling down a rustic pathway with love in their eyes.

Going Home, non daté

dans Donahoe's Magazine an Illustrated Monthly Journal, 1895
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec,
547.5